Raoul le bosco du bord ! Naviguer avec un chien sur un canot voile-aviron

Lorsque nous avons commencé à embarquer Raoul, une question s’est rapidement posée : comment faire naviguer un chien sur un petit bateau sans transformer chaque sortie en opération de sauvetage ?

Raoul bosco du bord !

Sur un grand voilier, l’animal peut généralement trouver un coin tranquille dans le cockpit. Sur un canot voile-aviron, l’espace est plus limité. Il faut partager le bord avec les équipiers, les avirons, les voiles, les écoutes et tout le matériel que l’on jugeait indispensable au départ.

Le chien, lui, ne s’intéresse guère à ces considérations. Il veut simplement savoir où il doit s’installer et à quel moment arrive le pique-nique.

Lui trouver une vraie place

La première chose à faire est de prévoir une place réservée au chien.

Sur le Skerry, Raoul adorait se poster à l’avant d’où il essayait de niaquer les vagues …

Il ne suffit pas de le poser quelque part en espérant qu’il comprendra les subtilités du gréement. Un chien abandonné au milieu du bateau cherchera naturellement l’endroit qui lui paraît le plus confortable, lequel correspond souvent au passage d’une écoute ou à la place exacte où l’équipier doit poser le pied lors du prochain virement.

Sur le Skerry, puis sur Venexiana 5, nous avons donc cherché à installer Raoul dans une zone où il ne gêne ni la barre ni les manœuvres.

Sa place doit être :

  • éloignée des écoutes et des poulies ;
  • accessible sans avoir à l’enjamber constamment ;
  • assez confortable pour qu’il accepte d’y rester.

Un coussin améliore nettement les choses. Le fond d’un canot peut être glissant et un chien qui dérape à chaque virement finit rapidement par perdre confiance.

Le gilet de sauvetage

Même si le chien sait nager, le gilet reste indispensable.

Tomber dans une rivière calme depuis une berge n’est pas la même chose que passer par-dessus bord depuis un bateau en mouvement. Il peut y avoir des vagues, du vent, du courant ou simplement une coque difficile à rejoindre.

Le gilet doit être adapté à la taille et au poids du chien. Il ne doit pas tourner autour du corps ni comprimer sa poitrine. Une poignée solide sur le dos permet de le saisir et de l’aider à remonter à bord.

Cette poignée est d’autant plus utile qu’un chien mouillé possède une étonnante capacité à doubler de poids au moment précis où il faut le soulever.

Embarquer et débarquer

L’embarquement constitue souvent le moment le plus délicat.

Depuis une plage en pente douce, l’opération est relativement simple. On stabilise le bateau, on attrape le chien par la poignée du gilet et hop le chien monte à bord !

Depuis un ponton élevé ou une cale glissante, les choses deviennent plus sportives mais la manoeuvre est la même.

Sur le ponton au lac du Der

L’habituer progressivement

Un chien ne devient pas équipier en une seule sortie.

Chouette on va rentrer ! photo Pierre Mucherie

La première navigation doit être courte, dans de bonnes conditions et sur une eau calme. Il faut lui laisser le temps de découvrir les bruits, les mouvements du bateau et les changements d’allure.

Un canot voile-aviron peut surprendre un animal :

  • la bôme passe au-dessus de lui ;
  • les voiles claquent ;
  • le bateau penche ;
  • les avirons apparaissent de chaque côté ;
  • l’équipage se déplace soudainement en criant des mots étranges.

Raoul a progressivement appris à reconnaître les différentes phases de la navigation. Il sait maintenant que les moments d’agitation finissent généralement par être suivis d’une période plus calme, pendant laquelle il peut reprendre sa surveillance attentive de l’horizon. Il a m^me pu voir un chevreuil nager devant le bateau au lac du Der !

Pendant les manœuvres

Un virement de bord est déjà une petite chorégraphie. Avec un chien au milieu, cela peut vite devenir un ballet expérimental.

Avant chaque manœuvre, il faut vérifier qu’aucune patte ne repose sur une écoute et que le chien n’a pas choisi de s’asseoir à l’endroit où l’équipier doit passer.

L’idéal est d’habituer le chien à rester à sa place sur une consigne simple. Inutile de lui expliquer la différence entre un virement vent devant et un empannage : « Tu restes là » suffit généralement.

Lorsqu’il faut utiliser les avirons, le problème change de nature. Les mouvements sont plus amples et réguliers. Le chien doit rester en dehors du passage des poignées et ne pas tenter d’attraper les pales, même si celles-ci ressemblent à de grands bâtons particulièrement tentants.

Le soleil, la chaleur et l’eau douce

Sur un bateau ouvert, le chien est très exposé au soleil.

Ça tape sur ce fichu bateau !

En mer, il faut prévoir suffisamment d’eau douce et une gamelle stable. L’eau du lac, du fleuve ou de la mer peut constituer sa seule boisson.

Un coin d’ombre est également bienvenu. Sur un petit canot, ce n’est pas toujours facile, mais une toile légère ou un morceau de tissu fixé provisoirement peut protéger l’animal pendant la navigation.

Il faut aussi se méfier des surfaces chauffées par le soleil. Un pontage ou un banc peut devenir très chaud pour les coussinets.

Enfin, les pauses à terre ne sont pas un luxe. Elles permettent au chien de boire, de se dégourdir les pattes et de satisfaire quelques nécessités que la bienséance m’interdit de détailler davantage.

Et s’il tombe à l’eau ?

La récupération doit être envisagée avant qu’elle ne devienne nécessaire. Pour l’instant cela n’est encore jamais arrivé

Il faudrait d’abord ralentir ou arrêter le bateau sans perdre le chien de vue. Sous voile, cela signifie choquer les écoutes, se mettre face au vent ou affaler si les conditions l’exigent.

On reviendrait ensuite près de l’animal du côté le plus accessible, généralement sous le vent, en évitant que les voiles ou les avirons ne le blessent.

La poignée du gilet permet de le maintenir contre la coque puis de l’aider à remonter. Sur un bateau léger, il faut faire attention au déséquilibre provoqué par le poids du chien et par celui de la personne qui se penche pour le saisir.

Un essai dans une eau calme, près du bord et avec une aide extérieure, permettrait de vérifier que la récupération est réellement possible. Une méthode parfaitement claire dans la tête peut se révéler beaucoup moins convaincante lorsqu’elle doit être appliquée à un chien mouillé qui agite quatre pattes dans des directions différentes.

Le matériel de Raoul

Pour une sortie avec Raoul, nous emportons au minimum :

  • son gilet de sauvetage ;
  • une laisse courte pour les embarquements et les escales et l’empêcher de passer par dessus bord quand il veut absolument mordre les vagues à l’avant;
  • de l’eau douce ;
  • une gamelle ;
  • une serviette ;

La serviette n’est pas indispensable à la navigation. Elle le devient en revanche lorsqu’un chien trempé décide de venir se secouer contre le barreur.

Un équipier à part entière

Naviguer avec un chien demande un peu d’organisation, mais ne présente pas de difficulté insurmontable. Il faut lui prévoir une place, assurer sa sécurité et adapter la durée de la sortie aux conditions.

En échange, le chien devient rapidement un véritable membre de l’équipage.

Il surveille les oiseaux, inspecte les rives, accueille les visiteurs et participe activement aux pique-niques. Il ne critique jamais les réglages de voile et ne demande pas pourquoi le bateau avance moins vite que celui des copains. Par contre il déteste les cornes de brume et autres signaux sonores !

Raoul surveille les autres bateaux

Raoul possède même une qualité rare chez les équipiers : lorsque le capitaine prend une mauvaise décision, il ne dit rien.

Il se contente de le regarder.

Et certains regards sont bien plus éloquents qu’un long rapport !

Et sinon, vous, avec votre chien, ça se passe comment ?

Les poulies de Stefano

Je suis actuellement en discussion avec Stefano Guazzaroni pour équiper Venexiana de nouvelles poulies en bois.

Stefano est un artisan italien qui réalise de magnifiques palans en bois qui allient esthétique et fonctionnalité.

Selon la description : la partie en bois est en acajou avec deux couches de résine époxy et cinq couches de verni polyuréthane bi composant. La partie métallique est en acier inoxydable 316L poli miroir et les poulies sont en Delrin sur roulement à billes.

Quelques réalisations – photo : Stefano Guazzaroni

Le travail est réalisé sur mesure, aussi on peut demander une réalisation particulière.

Je devrais recevoir mes premières poulies fin septembre, donc trop tard pour la Misaine Bleue mais nous avons convenu avec Stefano d’échanger cet hiver pour la suite des réalisations et le bateau devrait être équipé pour la semaine du golfe.

Il n’y a pas à dire : c’est magnifique ! photo : Stefano Guazzaroni
photo : Stefano Guazzaroni

C’est par la page Facebook de Stefano que j’ai pu entrer en contact avec ce dernier : https://www.facebook.com/stefano.guazzaroni

Il dispose également d’un mail : stefano.guazzaroni@hotmail.it

Taquets pour écoutes de spi (ou de foc).

Les taquets d’écoutes de spi (et de foc) étaient fixés sur le plat bord mais je n’étais pas satisfait de leur positionnement. J’ai bien essayé de les changer de place plusieurs fois mais, au final cela ne convenait toujours pas.

Je pense avoir trouvé une solution en réutilisant l’existant dans le bateau. Yves avait fabriqué deux sortes de petits sièges en demi lune qui encastrés sur le plat bord permettaient un rappel plus confortable.

En choisissant de renoncer au rappel, j’ai simplement retourné les tablettes ainsi constituées et fixé dessus un filoir et un taquet.

Rien n’est définitif : l’ensemble est juste encastré dans le liston, pas de trous dans le bateau !

A voir à l’usage si cela convient.

L’ancien siège de rappel positionné à l’envers avec filoir et taquet

Puffins Trek : la plaisance comme on l’aime !

Il existe plusieurs façons d’aller sur l’eau.

On peut rêver d’un grand voilier, d’un moteur puissant, d’un carré spacieux, d’une douche chaude et de tout ce qui permet de retrouver en mer le confort que l’on vient précisément de quitter à terre.

Et puis il y a une autre manière de naviguer : plus légère, plus simple et souvent plus proche de l’eau. Une voile, une coque que l’on peut encore mettre sur une remorque, quelques sacs étanches et l’envie d’aller voir ce qui se cache derrière la pointe suivante.

C’est précisément cette façon de naviguer que défend Puffins Trek.

Des bateaux pour partir, pas seulement pour posséder

Puffins Trek est né de la passion de Diego pour la voile, l’aventure en plein air et le bivouac. Alpiniste, randonneur et marin, il a cherché sur l’eau ce que l’on trouve en montagne : la liberté de partir avec peu de choses et la possibilité d’accéder à des endroits que l’on ne découvre qu’en prenant son temps.

Le principe de la randonnée nautique est assez simple. On navigue le long du littoral, entre les plages, les criques, les pointes et les premières îles. Le soir, on bivouaque à bord ou à terre. Le lendemain, on remet le bateau à l’eau et l’on poursuit la route.

Pas besoin de traverser l’Atlantique pour vivre une aventure. Quelques milles suffisent parfois à donner l’impression d’être parti très loin.

Sur son site, Puffins Trek résume cette philosophie en cinq verbes : naviguer, admirer, s’alléger, bivouaquer et partager. Voilà un programme qui ne devrait pas trop dépayser les lecteurs de L’Os à voile !

Donner une seconde vie à de bons bateaux

Puffins Trek sélectionne, recherche et reconditionne des dériveurs capables de devenir de véritables compagnons de randonnée. On y retrouve notamment des Wayfarer, Wanderer, Mirror, Gull, Topper ou encore quelques Drascombe.

Ce ne sont pas forcément des bateaux neufs, brillants et couverts d’électronique. Ce sont avant tout des bateaux éprouvés, solides et adaptés à un programme précis. Ils peuvent être transportés, mis à l’eau sans organiser une expédition et suffisamment chargés pour partir une journée ou quelques jours.

L’idée est également d’aider le futur propriétaire à choisir un bateau correspondant réellement à son équipage, à son expérience et à ses projets. Car le meilleur bateau n’est pas nécessairement le plus grand, le plus rapide ou le plus cher : c’est celui que l’on utilise.

Le site propose d’ailleurs de nombreuses fiches consacrées aux différents modèles, ainsi que des conseils sur le choix et la préparation d’un voilier de randonnée.

Essayer avant de se lancer

Pour ceux qui hésitent encore, Puffins Trek propose aussi la location d’un Wanderer équipé pour partir seul, à deux ou en famille.

C’est une excellente manière de découvrir la randonnée nautique sans acheter immédiatement un bateau. On peut ainsi vérifier si l’on aime vraiment vivre près de l’eau, organiser son chargement, préparer son bivouac et accepter que la météo ait parfois un avis différent du nôtre sur le programme de la journée.

Car la randonnée nautique n’est pas seulement une façon économique de faire de la voile. C’est surtout une manière différente de voyager : lentement, silencieusement et avec une certaine attention portée aux éléments et aux lieux traversés.

Du Skerry au Wayfarer

Les habitués de L’Os à voile connaissent bien Jérôme et son superbe Skerry Méaban. Après plusieurs années de navigation, Jérôme souhaitait changer de bateau et trouver une embarcation offrant davantage de place et de possibilités pour ses futurs projets.

Méaban le Skerry de Jérôme … en version stylisée !

C’est du côté de Puffins Trek qu’il a trouvé son nouveau compagnon : un Wayfarer.

Le Wayfarer est un dériveur de 4,82 mètres dessiné par Ian Proctor. Plus vaste et plus lourd que le Skerry, il demeure transportable et possède une longue réputation de bateau marin. Il peut accueillir confortablement un équipage, emporter du matériel et se prêter aussi bien à la promenade qu’à la randonnée de plusieurs jours.

Le Wayfarer de Jérôme !

Méaban a donc laissé la place à un nouveau bateau et, sans doute, à de nouvelles cogitations, de nouveaux aménagements et de nouveaux récits. Connaissant Jérôme, il serait étonnant que le Wayfarer reste longtemps dans sa configuration d’origine…

Une adresse à retenir

Puffins Trek défend une plaisance à taille humaine, faite de bateaux accessibles, d’itinérance douce, de débrouillardise et de proximité avec la nature.

Une plaisance dans laquelle le voyage commence parfois au bout de la cale de mise à l’eau et où l’on peut vivre une véritable aventure sans disposer d’un compte en banque de milliardaire ni d’un voilier de douze mètres.

Autrement dit, une philosophie assez proche de celle de L’Os à voile.

Si vous cherchez un dériveur pour naviguer autrement, préparer une randonnée côtière ou simplement découvrir cette pratique, allez donc faire un tour sur le site de Puffins Trek.

Attention tout de même : la consultation de leurs annonces peut provoquer une soudaine envie de changer de bateau. Jérôme pourra en témoigner !

Mise à l’eau 4X4 !

Avec le chariot de mise à l’eau de la remorque Rocca doté de roues à l’avant, il est facile de mettre le bateau au sec assez facilement pourvu que le sol soit assez dur (sinon effet ventouse…) Le bateau est ainsi en sécurité et la coque ne rague pas sur les cailloux.

Rappel : les roues avant sont constituées par la récupération du chariot de mise à l’eau du Skerry (à peine modifié) !